L’environnement en Mongolie |
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De nombreux guides touristiques vantent aujourd’hui les attraits de la Mongolie ; ainsi, il sera aisé de lire : « Depuis toujours, la Mongolie est associée au nom de Gengis Khan, à la vision de vastes steppes, de chevaux sauvages au galop et de ciels bleus démesurés. Aujourd’hui encore, la Mongolie semble appartenir à un autre monde. Elle reste assurément l’une des dernières grandes destinations aventureuses d’Asie. Aussitôt sorti de sa capitale Oulan-Bator, vous voilà plongé dans un autre siècle. » Toutefois, peu de gens savent et reconnaissent que la Mongolie est actuellement touchée par de nombreux problèmes environnementaux, que sont :
1) Le changement climatique La Mongolie a connu ces dernières années les pires conditions climatiques qu’elle ait connues depuis 30 ans. Ce changement climatique se traduit en outre par une modification du cycle des saisons : le printemps et l’été durent plus longtemps, et la saison des pluies est plus courte, principalement dans le Centre, l’Ouest et le centre de Gobi. Les précipitations diminuent, et elles se présentent aujourd’hui plus sous forme d’orages que de pluies continues. De plus, des dzüüd consécutifs alternant avec des sécheresses à répétition, aux conséquences dramatiques, ont récemment été observés.
Sécheresse en plein été (2004)
Les pâturages et les animaux en souffrent, et par là même les populations nomades : de nombreux animaux disparaissent, et outre le problème environnemental qui se pose, c’est l’économie tout entière qui est perturbée. En effet, la destruction du bétail a entraîné un désastre sans précédents pour les éleveurs pauvres et très pauvres. L’élevage est pour beaucoup d’entre eux le seul moyen de subsistance et joue un rôle vital dans l’équilibre alimentaire des familles. Les revenus tirés de l’élevage leur permettent de subvenir aux besoins élémentaires en termes de transports, de vêtements, de matériel de chauffage... Le bétail en lui-même constitue un apport essentiel en aliments de première nécessités tels que les produits laitiers et la viande.
Baisse inquiétante des ressources en eau
Les répercussions sur les nomades, principaux acteurs touchés par cette crise, sont visibles dans leur vie quotidienne : la transhumance s’effectue à présent sur des milliers de kilomètres.La perte de ces animaux a donc eu une incidence grave et directe sur la sécurité alimentaire et la survie d’un nombre important d’éleveurs. Notons aussi qu’une récente étude du Ministère de l’Environnement mongol montre une baisse inquiétante des ressources en eau : 1 450 rivières et lacs, et 1 500 puits, eaux de surfaces et sources, ont été asséchés en l’espace de 5 ans. Ainsi, la désertification progresse : elle touche 140 000 des 1 564 116 km2 du pays, et l’on constate une baisse de 10 % des précipitations par rapport à leur niveau des années 1940. 2) Les exploitations minières Les sous-sols de la Mongolie sont riches, et en pleine voie d’exploitation. Des entreprises mongoles, mais également françaises, canadiennes, anglaises et chinoises, comme Areva avec l’exploitation des gisements d’uranium par exemple, engendrent l’assèchement et la pollution de nombreuses rivières, et laissent des excavations immenses sans aucune remise en état (3 tonnes d’or extraites nécessitent par exemple le creusement de 4 000 hectares). 3) Les invasions d’insectes Des invasions d’insectes sévissent un peu partout sur le territoire, détruisant les cultures nécessaires à l’alimentation. Même Oulan-Bator n’est pas épargnée par les criquets et sauterelles. Et à ce jour, rien ne semble être fait pour remédier aux conséquences économiques et humanitaires de ce problème. 4) La déforestation La déforestation augmente dangereusement en Mongolie, ainsi que l’érosion des sols du fait de l’accroissement du nombre de terres cultivées (érosion pourtant déjà accélérée par les vents forts et les précipitations). En effet, les exportations de baguettes, principalement en Chine, et de yourtes nécessitent une quantité de bois importante : la forêt transsibérienne en paie actuellement les conséquences. 5) Les problèmes environnementaux à Oulan-Bator Aujourd’hui, plus d’un tiers de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté : les éleveurs du grand ouest ont perdu une partie de leur principale ressource de survie, et en ville les populations, marginalisées et sans travail, luttent chaque jour pour leur survie dans des conditions de vie déplorables. Beaucoup vivent dans des yourtes et des cabanes en bois, dans des conditions de vie précaires et insalubres. De plus, l’absence de lois environnementales fait qu’aujourd’hui Oulan-Bator est gravement polluée. En effet, cet exode rural accentue un problème déjà ancien : la pollution atmosphérique de la ville, principalement en hiver, en raison d’un chauffage réalisé grâce au charbon et au bois. Mais ce n’est pas tout : les déchets, quant à eux, ne sont généralement pas traités dans la capitale. De grandes déchetteries se contentent de concentrer les ordures ménagères aux abords de la ville, engendrant ainsi des problèmes d’odeurs et d’hygiène considérables. Enfin, Oulan-Bator ne comporte aucun véritable jardin, aucun parc ou structure capable d’accueillir les citadins. CONCLUSION La Mongolie doit aujourd’hui faire face à une crise causée par la conjonction de nombreux facteurs, aussi bien climatiques et environnementaux que structurels. Pour l’instant, cette crise demeure méconnue du grand public et semble susciter peu d’intérêt de la part de la communauté internationale. Cette crise généralisée, bien qu’elle se manifeste par un exode massif vers les villes, un taux chômage en pleine croissance, une extrême pauvreté, des inégalités criantes et la faim, demeure méconnue du grand public et semble susciter peu d’intérêt de la part de la communauté internationale. Pourtant, à l’échelle nationale on estime que 36% des mongols vivent en dessous du seuil de pauvreté et les répercussions humanitaires concernent tant les zones urbaines que rurales. Toutefois, afin d’afficher une croissance économique fulgurante et de ne pas détériorer une image touristique idyllique, les populations les plus pauvres sont mises à l’écart par les autorités du pays et non prises en compte dans les statistiques nationales. |
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